Passage secret des traboules lyonnaises avec architecture Renaissance
Publié le 11 mai 2024

En résumé :

  • Le secret n’est pas de forcer les portes, mais de connaître la liste des passages ouverts au public grâce à la convention « Cour/traboule ».
  • L’accès à ces lieux privés est une tolérance qui se mérite en adoptant le « code du Gone » : silence absolu, discrétion et respect de la vie des habitants.
  • Privilégiez les traboules du Vieux-Lyon pour l’architecture Renaissance et celles de la Croix-Rousse pour une ambiance plus industrielle et des perspectives uniques.

Vous êtes là, devant une magnifique porte cochère du Vieux-Lyon. Vous savez qu’un trésor se cache derrière : une cour Renaissance, un escalier à vis, une traboule secrète. Vous poussez timidement, mais la porte reste close. Frustrant, n’est-ce pas ? La plupart des guides vous diront de tenter votre chance, de suivre les groupes ou de chercher les passages utilisés par les canuts. C’est une vision de touriste. Entre nous, un vrai Gone sait que ce n’est pas la bonne approche. Trabouler, ce n’est pas forcer le passage, c’est mériter le droit d’entrer.

La clé n’est pas une liste de portes à pousser au hasard, mais une compréhension profonde de ce qu’est une traboule : un lieu de vie privé, ouvert au public par la grâce d’une convention et la patience de ses résidents. Oubliez l’idée de « chasse au trésor » bruyante. Pensez plutôt en termes de « chuchotement architectural », où le silence et la discrétion vous ouvrent plus de portes que n’importe quelle insistance. Cet art de la discrétion est la signature de l’explorateur urbain respectueux, celui qui voit ce que les autres ne voient pas, car il a compris le code.

Cet article n’est pas une simple liste. C’est une initiation. Nous allons d’abord voir comment identifier les traboules officiellement accessibles, puis nous plongerons dans le « code du Gone », ces règles d’or qui feront de vous un visiteur bienvenu et non un intrus. Enfin, nous explorerons les circuits et les spécificités de chaque quartier pour que votre expérience soit aussi riche qu’authentique. Vous êtes prêt à trabouler comme un Lyonnais ?

Pour vous guider dans ce labyrinthe fascinant et vous donner toutes les clés d’une exploration réussie, cet article est structuré pour répondre à toutes vos questions. Du cadre officiel aux astuces pratiques, voici ce que nous allons découvrir ensemble.

Où trouver la liste des traboules ouvertes au public grâce à la convention Cour de Loge ?

Le premier secret pour trabouler sans frustration est de savoir que l’accès n’est pas un jeu de hasard. Oubliez l’idée de pousser chaque porte. La Ville de Lyon a mis en place un système ingénieux : la convention « Cour/traboule ». Ce pacte, adopté en 1990, est un accord entre la municipalité et les propriétaires. En échange d’une aide pour l’entretien, le nettoyage et l’éclairage, les copropriétés acceptent d’ouvrir leurs passages au public. C’est ce qui vous garantit un droit de passage, mais attention, un droit qui vient avec des devoirs.

Concrètement, sur les quelque 500 traboules recensées à Lyon, une cinquantaine sont ainsi « conventionnées » et donc officiellement accessibles aux visiteurs curieux. C’est sur celles-ci que vous devez concentrer vos recherches. L’Office du Tourisme et plusieurs sites spécialisés sur Lyon proposent des listes et des plans de ces passages garantis ouverts. En général, les portes de ces traboules sont simplement poussives pendant les heures d’ouverture, typiquement de 7h à 19h. Inutile donc de s’acharner en dehors de ces créneaux.

Toutefois, même une traboule conventionnée peut être temporairement fermée. Selon une enquête sur l’accès aux traboules, les fermetures peuvent être dues à des travaux, un problème technique sur l’interphone ou, malheureusement, à des incivilités répétées de visiteurs qui poussent les habitants à fermer l’accès. C’est une raison de plus pour suivre les règles du respect que nous verrons plus loin. Chercher ces traboules conventionnées, c’est la première étape pour passer du statut de touriste à celui d’explorateur averti.

Pourquoi les traboules ont-elles été construites de cette façon spécifique à la Renaissance ?

Pour vraiment comprendre l’âme d’une traboule, il faut remonter le temps, bien avant les fameux canuts de la Croix-Rousse. Le mot « traboule » viendrait du latin « trans ambulare », qui signifie littéralement « passer à travers », comme le souligne l’Office du tourisme de Lyon. Cette étymologie simple cache une nécessité bien réelle de la vie lyonnaise dès le Moyen-Âge. À cette époque, la ville se densifie au pied de la colline de Fourvière. Les rues parallèles au fleuve sont peu nombreuses et l’accès à l’eau, ressource vitale, devient un enjeu quotidien.

Trans ambulare, qui signifie passer à travers

– Office du tourisme de Lyon, Les traboules et cours de Lyon

La solution ? Créer des passages à travers les immeubles pour permettre aux habitants de rejoindre plus rapidement la Saône ou les nombreux puits qui parsemaient la ville. Ces premiers passages étaient avant tout fonctionnels. C’est à la Renaissance que les traboules du Vieux-Lyon acquièrent leurs lettres de noblesse. Les riches marchands et banquiers italiens, installés dans le quartier, construisent de somptueux hôtels particuliers. Pour optimiser l’espace sur des parcelles étroites et profondes, ils créent ces cours intérieures et galeries qui permettent de desservir plusieurs bâtiments. Les traboules deviennent alors des chefs-d’œuvre architecturaux, ornées de voûtes d’ogives, de sculptures, de fenêtres à meneaux et d’escaliers à vis monumentaux.

Elles ne sont plus de simples raccourcis, mais le reflet de la prospérité de la ville. Elles permettaient de circuler à l’abri des intempéries et de relier les bâtiments de manière discrète. Ce n’est que bien plus tard, aux XVIIIe et XIXe siècles, que les traboules de la Croix-Rousse développeront une fonction plus industrielle, permettant aux canuts de transporter les précieuses bobines de soie sans les exposer à la pluie.

Quelles sont les 3 règles d’or à respecter absolument en entrant dans une traboule habitée ?

Vous avez trouvé une traboule conventionnée ouverte. La porte s’entrebâille sur une cour silencieuse. C’est ici que votre comportement fera toute la différence. Vous n’entrez pas dans un musée, mais chez des gens. Le droit de passage est une tolérance, pas un dû. Pour être un visiteur apprécié, voici le « code du Gone » en trois règles d’or, un savoir-vivre qui transformera votre expérience.

La première est la science du silence. Les cours agissent comme des caisses de résonance. Le moindre chuchotement peut être entendu depuis les appartements. Parler à voix haute est la première des incivilités. Avancez en silence, écoutez le lieu, le son de vos pas sur les pavés, le goutte-à-goutte d’une fontaine. C’est ce que j’appelle le « chuchotement architectural » : le lieu vous parle si vous savez l’écouter. Un guide le résume parfaitement : soyez respectueux, c’est leur maison, et le bruit peut être très dérangeant pour eux.

Just one very important thing, please be respectful of the people living there. That’s their home and it can be very annoying for them if people that are going through their Traboule are too loud or touching everything and degrading the place.

– Un guide lyonnais, Free Tour Community

La deuxième règle est celle du bonjour discret. Si vous croisez un résident, ne l’ignorez pas. Mais ne l’interrompez pas non plus. Un simple hochement de tête, un léger sourire ou un « bonjour » murmuré suffit à montrer votre respect. Cela crée un lien invisible et bienveillant. Enfin, la troisième règle est de ne laisser aucune trace. Cela va de soi pour les déchets, mais cela inclut aussi les traces numériques. Évitez de géolocaliser publiquement sur les réseaux sociaux une traboule peu connue. La préserver du tourisme de masse, c’est aussi ça, être un explorateur responsable.

Votre checklist pour trabouler en Gone respectueux : Les points à vérifier

  1. Points de contact : Ai-je bien repéré les portes, les boîtes aux lettres, les fenêtres ? Je suis chez quelqu’un.
  2. Collecte : Ai-je mis mon téléphone en silencieux ? Ai-je rangé tout ce qui pourrait faire du bruit ?
  3. Cohérence : Mon attitude est-elle celle d’un invité discret ou d’un touriste bruyant ?
  4. Mémorabilité/émotion : Est-ce que je prends le temps de ressentir l’atmosphère du lieu, ou est-ce que je me presse pour une photo ?
  5. Plan d’intégration : Ai-je préparé un « bonjour » silencieux si je croise un habitant ?

Traboules du Vieux-Lyon vs Croix-Rousse : lesquelles privilégier pour une visite insolite ?

Lyon offre deux terrains de jeu principaux pour les amateurs de traboules : le Vieux-Lyon et les pentes de la Croix-Rousse. Bien qu’elles partagent le même nom, l’expérience qu’elles proposent est radicalement différente. Choisir entre les deux dépend de ce que vous cherchez : le charme Renaissance ou l’esthétique industrielle. Il y a environ 200 traboules dans le Vieux-Lyon et 160 sur les pentes de la Croix-Rousse, chacune avec sa propre personnalité.

Le Vieux-Lyon, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est le berceau des traboules. Celles que vous y trouverez datent principalement des XVe et XVIe siècles. Elles recèlent des trésors d’architecture Renaissance : cours intérieures pavées, galeries à l’italienne, escaliers à vis, puits sculptés. L’ambiance y est feutrée, presque secrète. Photographiquement, c’est un paradis pour les jeux d’ombres et de lumières sur la pierre ocre. La plupart des parcours y sont plats, ce qui les rend accessibles à tous. C’est l’option idéale pour une première découverte et pour s’imprégner de l’histoire fastueuse de Lyon.

La Croix-Rousse, la « colline qui travaille », offre un tout autre visage. Construites plus tard, aux XVIIIe et XIXe siècles, ses traboules sont avant tout fonctionnelles. Elles permettaient aux canuts (ouvriers de la soie) de transporter leurs productions à l’abri de la pluie en dévalant les pentes. L’architecture y est plus sobre, plus brute. Ici, ce sont les perspectives graphiques, les enfilades d’escaliers monumentaux et les vues plongeantes sur la ville qui impressionnent. L’effort physique est plus conséquent, mais la récompense est une atmosphère unique, témoin du passé ouvrier de Lyon. Pour une visite plus insolite et sportive, la Croix-Rousse est un choix excellent.

Le tableau suivant résume parfaitement cette dualité pour vous aider à choisir votre prochaine exploration.

Comparatif expérientiel : Vieux-Lyon vs Croix-Rousse
Critère Vieux-Lyon Croix-Rousse
Type d’ambiance Trésors de la Renaissance Fonctionnelle et industrielle (Canuts)
Effort physique Majoritairement plat Nombreux escaliers et pentes
Potentiel photographique Jeux d’ombres, cours Renaissance Perspectives graphiques, escaliers monumentaux
Nombre de traboules 200 dans le Vieux-Lyon 160 sur les pentes de la Croix-Rousse
Époque principale Renaissance (15e-16e siècle) 18e et 19e siècles

Comment réussir vos photos de traboules sombres sans trépied ni flash ?

Photographier une traboule est un défi fascinant. Vous êtes face à un contraste extrême : l’ombre dense du passage et la lumière vive de la cour ou de la sortie. L’usage du flash est absolument proscrit : il détruit l’ambiance et dérange les habitants. Le trépied, lui, est trop encombrant et peu discret. Alors, comment capturer la magie du lieu avec un simple smartphone ou appareil photo ? Le secret réside dans la stabilisation et l’utilisation intelligente de la lumière naturelle.

Premièrement, devenez un pilier. Utilisez l’environnement pour vous stabiliser : collez votre dos contre un mur, calez votre appareil sur le cadre d’une porte en pierre. Cette stabilité vous permettra d’utiliser des vitesses d’obturation plus lentes sans créer de flou de bougé, et donc de capter plus de lumière. C’est la technique la plus simple et la plus efficace. Ensuite, apprenez à chercher « le miroir » : c’est la source de lumière au bout du tunnel. Au lieu de photographier l’obscurité, cadrez la lumière. Jouez avec les silhouettes qui se découpent, les textures des murs que la lumière rasante révèle. C’est là que se trouve la poésie de la traboule.

Ne cherchez pas à tout montrer. Focalisez-vous sur les détails qui racontent une histoire : un heurtoir de porte ancien, la texture des pavés usés, une gargouille moussue. Ces plans serrés nécessitent moins de lumière et sont souvent plus évocateurs. Enfin, pour les plus techniques, utilisez le mode « Pro » de votre smartphone. Il vous permettra de faire du « bracketing » manuel : prenez la même photo avec trois expositions différentes (normale, sous-exposée, sur-exposée) pour les combiner plus tard et obtenir une image parfaitement équilibrée. Pour la lumière, les horaires optimaux se situent entre 7h-10h et 17h-19h, lorsque le soleil est bas et crée des ombres longues et douces.

Quel circuit pédestre suivre pour voir les 3 quartiers (Saint-Jean, Saint-Paul, Saint-Georges) en 3h ?

Explorer le Vieux-Lyon, ce n’est pas juste visiter le quartier Saint-Jean, le plus connu. C’est s’immerger dans un ensemble de trois quartiers aux atmosphères distinctes : Saint-Jean, le cœur battant et touristique ; Saint-Paul, plus calme et bourgeois ; et Saint-Georges, l’ancien quartier des artisans de la soie. Il est tout à fait possible de capter l’essence de ces trois zones en un circuit optimisé d’environ trois heures, en alternant les traboules célèbres et des passages plus secrets pour une expérience complète.

L’idéal est de commencer par le sud, à Saint-Georges, pour remonter progressivement vers le nord. Ce quartier, souvent délaissé des grands flux, offre une tranquillité appréciable. La traboule du 10-12 rue Saint-Georges, avec sa cour et son jardin intérieur, est une magnifique entrée en matière. Prenez le temps d’arpenter ses ruelles avant de rejoindre le cœur du Vieux-Lyon.

Architecture Renaissance d'une cour intérieure de traboule lyonnaise

Le quartier Saint-Jean est inévitable. C’est ici que se trouve la fameuse « Longue Traboule » au 54 rue Saint-Jean. Elle est spectaculaire, mais souvent bondée. Pour une alternative, essayez celle du 27 rue Saint-Jean qui débouche au 6 rue des Trois-Maries, plus confidentielle. Enfin, terminez votre parcours à Saint-Paul. Le quartier abrite la superbe Galerie Philibert de l’Orme (4-6 rue Juiverie), un passage élégant qui témoigne de la richesse passée du quartier. Le tableau ci-dessous vous propose un itinéraire optimisé pour ne rien manquer.

Ce parcours vous permettra de sentir les différentes vibrations du Vieux-Lyon, de l’effervescence de Saint-Jean à la quiétude de Saint-Georges, tout en découvrant des trésors d’architecture à chaque coin de rue.

Parcours optimisé des 3 quartiers avec alternatives aux traboules bondées
Quartier Traboules principales Alternatives moins connues Temps estimé
Saint-Jean 54 rue Saint-Jean (Longue Traboule) 27 rue Saint-Jean → 6 rue des Trois-Maries 1h15
Saint-Paul 3 place Saint-Paul 4-6 rue Juiverie (Galerie Philibert de l’Orme) 45min
Saint-Georges 10-12 rue Saint-Georges Cour et jardin intérieur (7h-19h) 1h

Comment l’haussmannisation a-t-elle transformé le visage de la rue de la Ré ?

Si les traboules sont aujourd’hui principalement associées au Vieux-Lyon et à la Croix-Rousse, il ne faut pas oublier qu’elles étaient autrefois omniprésentes sur la Presqu’île. Ce quartier, situé entre le Rhône et la Saône, a subi une transformation radicale au XIXe siècle sous l’égide du préfet Claude-Marius Vaïsse, souvent surnommé le « Haussmann lyonnais ». Sa mission : moderniser et assainir le centre de Lyon. Cette ambition a eu un impact direct et destructeur sur le réseau de traboules existant.

La rue de la République, ou « rue de la Ré » pour les intimes, est l’artère emblématique de cette transformation. Pour la percer, Vaïsse a fait démolir des centaines d’immeubles anciens, et avec eux, une grande partie des passages qui les traversaient. Ces travaux d’urbanisme, s’ils ont apporté de la lumière et de l’air dans un quartier jugé insalubre, ont aussi effacé une partie de la mémoire architecturale de la Presqu’île. Les ateliers de tissage, les immeubles Renaissance et les traboules qui permettaient de circuler dans ce tissu urbain dense ont été sacrifiés sur l’autel de la modernité.

Cependant, tout n’a pas disparu. L’haussmannisation n’a pas été totale, et certains îlots ont été préservés. Aujourd’hui encore, on peut trouver des traboules sur la Presqu’île, mais elles sont plus discrètes, souvent intégrées dans des immeubles plus récents. On estime qu’il reste environ 130 traboules sur la Presqu’île, un chiffre qui témoigne de l’ampleur du réseau originel. Chercher ces survivantes est un jeu de piste fascinant pour l’explorateur qui veut comprendre toutes les strates de l’histoire lyonnaise, y compris celles qui ont été partiellement effacées.

À retenir

  • La clé de l’accès : Ne poussez pas les portes au hasard. Repérez les traboules ouvertes grâce à la convention « Cour/traboule » et respectez les horaires (7h-19h).
  • Le respect avant tout : Le silence est d’or. Un « bonjour » discret et une attitude d’invité sont essentiels pour être un visiteur bienvenu.
  • Deux quartiers, deux ambiances : Choisissez le Vieux-Lyon pour ses trésors architecturaux de la Renaissance et la Croix-Rousse pour ses perspectives industrielles et ses escaliers monumentaux.

Comment visiter le Vieux-Lyon en une après-midi sans rater l’ambiance Renaissance ?

Visiter le Vieux-Lyon en une seule après-midi est un défi. Le risque est de ne faire que survoler la rue Saint-Jean, bondée, et de passer à côté de l’essentiel : son atmosphère Renaissance unique. Pour une immersion réussie, il faut être stratégique. La première astuce est de décaler votre visite : commencez après 17h. Les groupes de touristes se dispersent, la lumière devient plus douce, et les cours intérieures retrouvent leur quiétude. C’est le moment idéal pour sentir l’âme du quartier.

Plutôt que de suivre la foule, explorez les rues parallèles comme la rue du Bœuf ou la rue de la Bombarde. Moins fréquentées, elles abritent des merveilles. Levez les yeux ! Le véritable spectacle est souvent en hauteur : repérez les médaillons sculptés sur les façades, les fenêtres à meneaux, les gargouilles qui vous observent depuis des siècles. C’est dans ces détails que réside l’esprit de la Renaissance. Entrez dans les cours que vous trouverez ouvertes. Ne vous pressez pas. Prenez le temps de vous immerger dans le silence feutré, d’admirer l’architecture.

Escalier monumental d'une traboule de la Croix-Rousse

Un exemple emblématique est la « Longue Traboule » qui part du 54 rue Saint-Jean. Par son architecture, elle est un résumé spectaculaire de l’ingéniosité de l’époque, traversant trois cours et quatre immeubles pour relier la rue Saint-Jean à la rue du Bœuf. Même si elle est connue, elle reste un incontournable pour comprendre le concept. Terminez votre balade par la rue des Trois-Maries, à l’écart du bruit, pour une dernière touche d’authenticité. En quelques heures, en privilégiant l’exploration lente et l’observation, vous aurez capturé bien plus que des photos : vous aurez ressenti le pouls d’un quartier figé dans le temps.

En maîtrisant ces codes, vous ne serez plus un simple visiteur, mais un initié capable de lire la ville et de découvrir ses secrets les mieux gardés. L’étape suivante consiste à mettre en pratique ces conseils et à partir à la découverte, avec la curiosité d’un explorateur et le respect d’un Gone.

Questions fréquentes sur l’exploration des traboules lyonnaises

Pourquoi certaines traboules conventionnées sont-elles fermées ?

Il peut y avoir plusieurs raisons. Parfois, la traboule est en travaux et présente un risque pour le public. D’autres fois, il s’agit d’un simple problème technique avec l’interphone. Malheureusement, il arrive aussi que les habitants, excédés par les incivilités, décident de fermer temporairement l’accès.

Quels sont les horaires d’ouverture des traboules conventionnées ?

En règle générale, les traboules qui font partie de la convention « Cour/traboule » sont ouvertes au public tous les jours de l’année, de 7h du matin à 19h le soir.

Que comprend exactement la convention Cour/traboule ?

Adoptée en juillet 1990, cette convention est un partenariat. La Ville de Lyon et la Métropole participent aux frais d’entretien, de nettoyage et d’éclairage des passages. En contrepartie, les copropriétés privées accordent un droit de passage public pour les piétons dans leurs cours et traboules.

Rédigé par Clémence Beaulieu, Guide-conférencière nationale et historienne de l'art spécialisée dans le patrimoine lyonnais. 15 ans d'expérience dans la médiation culturelle et l'urbanisme historique.